
L’« armée des ombres », un rôle capital, à l’appui des Alliés, dans la libération du territoire français
Du 16 au 28 avril, Courrensan accueille en son église Sainte-Madeleine une exposition-panneaux de la Fondation de la Résistance.
Douze panneaux, proposés par Fabrice Grenard, historien, chef du département Recherche et Pédagogie de la Fondation de la Résistance, comprenant textes et photographies, évoquent les différentes étapes des actions menées par les organisations de la Résistance en amont et en aval des opérations alliées du juin 1944.
Cette exposition présente le résultat des recherches historiques les plus récentes sur le rôle de la Résistance dans la Libération de la France.
Si l’apport militaire de la Résistance dans les combats de la Libération est souvent considéré, au niveau national, comme assez limité, voire parfois trop précipité et meurtrier, en revanche le travail de renseignement mené par « l’armée des ombres » s’est avéré indispensable pour la réussite des opérations alliées. Ainsi, à l’échelle de la France, l’apport le plus important de la Résistance n’a peut-être pas eu lieu lors des journées de juin 1944, mais en amont du débarquement de Normandie, pour permettre sa pleine réussite, et en aval, pour éviter l’enlisement des Alliés et faciliter leur progression alors que l’armée allemande résistait plus que prévu.
En revanche, le sud-ouest de la France, et notamment le Gers, a été libéré par les seules forces de la Résistance, certes avec le soutien matériel des parachutages alliés, mais menant en toute autonomie une action de francs-tireurs.

En complément des douze panneaux de l’exposition nationale, un éclairage sur les forces de résistance gersoises est présenté.
Loin des villes, en plein milieu rural, les nombreux réfractaires au service du travail obligatoire*, contraints de se cacher pour échapper à l’autorité administrative du régime de Vichy, vont rapidement rejoindre les maquis de résistants, bientôt organisés pour libérer le territoire.
Le Bataillon de l’Armagnac est à cet égard emblématique. Formé et organisé à l’initiative de Maurice Parisot, il intensifie son action dans tout le département à partir du 6 juin, libère Auch puis, après avoir joué un rôle décisif dans la libération de Toulouse, est intégré dans l’armée régulière comme 158e régiment d’infanterie (158e RI). Après la mort de Parisot, c’est son lieutenant Henri Monnet qui conduira l’ancien bataillon jusque sur la côte atlantique où il participera à la libération des poches allemandes du littoral, et notamment de l’île d’Oléron.
Après les célébrations de la fin de la Deuxième Guerre mondiale qui se sont déroulées sur le territoire national tout au long de l’année 2025, nous revenons donc sur le thème « libérer et refonder la France », proposé au concours national de la Résistance et de la déportation (2024-2025), qui touche particulièrement notre territoire.
* Loi du 16 février 1943, conduisant à la réquisition d’une main-d’œuvre française et à son transfert en Allemagne afin de soutenir l’effort de guerre de ce pays. Sont appelées, sous peine d’emprisonnement, les classes 1920, 1921 et 1922, puis à partir de mai 1943, les natifs du 4e trimestre 1919.
APPEL à la mémoire de résistants et résistantes :
Si vous possédez des objets (brassards, armes…) ou des documents (photos, lettres…) ayant appartenu à un membre de votre famille et que vous accepteriez de nous montrer, voire de nous prêter, si vous avez une histoire à raconter, veuillez contacter Sylvie Malsan sylvie.malsan@courrensan.fr, organisatrice pour le Foyer rural de Courrensan de cette exposition.
Ressources disponibles en ligne :
https://museedelaresistanceenligne.org/ (base « personnes » du Musée la Résistance en ligne, une ressource de la Fondation de la Résistance)
Autres liens :
https://www.auch-tourisme.com/patrimoine-culturel/musee-de-la-resistance-et-de-la-deportation-du-gers/ (notamment sur l’histoire de la Résistance dans le Gers)
Ainsi que des témoignages de :
Jean-Pierre Vernant, alias « Colonel Berthier », chef de l’armée secrète du Sud-Ouest.
Pierre Sudreau, à la tête du réseau « Brutus » pour la zone occupée ; replié sur la base aérienne de stockage d’Agen. Arrêté et déporté à Buchenwald.
Sylvie Malsan
Déléguée pour le Gers de « Mémoires et Espoir de la Résistance »-MER, l’association des amis de la Fondation de la Résistance
Fille de Jacques Malsan (1919-1972), résistant-déporté, médaillé de la Résistance française




